Trumpet Concertos

Trumpet Concertos

Orchestre d’Auvergne, Clermont-Ferrand.
Romain Leleu, trompette.
Roberto Fores-Veses, direction.

 

L’infatigable curiosité du trompettiste Romain Leleu (né en 1983) nous vaut un audacieux quatrième disque chez Aparté, après ses enregistrements consacrés à la musique slave, aux concertos classiques de Haydn à Hummel, en passant par un album d’extraits variés accompagnés par un quintette à cordes. Cette fois-ci, le trompettiste français s’intéresse à la musique contemporaine, avec trois œuvres enregistrées pour la première fois au disque, y adjoignant des concertos de Georges Delerue (1925-1992) et André Jolivet (1905-1974). Delerue reste principalement connu comme compositeur de plus de trois cents musiques de film pour Truffaut, Resnais, Godard et tant d’autres, faisant oublier qu’il fut un élève de Darius Milhaud s’illustrant dans l’opéra comme dans la musique de chambre. C’est précisément son Concertino pour trompette (1951) que l’on retrouve au programme, œuvre nerveuse assez courte, aux dissonances verticales, où Leleu prouve qu’il n’a rien perdu de la musicalité déjà acclamée précédemment.

Contraste total avec le Concerto de Karol Beffa (né en 1973), beaucoup plus facile d’accès en comparaison. Rien d’original musicalement mais la mélodie affiche une belle progression dramatique, un rien mélancolique aussi. Retour à la musique du milieu du XXe siècle avec Jolivet, autour de son Premier Concerto pour orchestre à cordes et piano de 1948 – à ne pas confondre avec celui plus connu de 1954. On retrouve les dissonances propres au style du compositeur français, beaucoup plus contrasté que le méditatif Beffa. Si le court Chant de l’âme de Jean-Baptiste Robin (né en 1976) affiche une sérénité contemplative, Trame XII de Martin Matalon (né en 1958) nous plonge dans un océan de bruitages orchestraux aussi inquiétants qu’imaginatifs.

Romain Leleu bénéficie de l’accompagnement orchestral attentif de l’impeccable Roberto Forés Veses à la tête de l’Orchestre d’Auvergne, ainsi que d’une prise de son mettant en valeur la chaleur de son instrument. Encore une réussite à saluer pour l’excellent trompettiste français.

Roberto Forés
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