Etienne Dupuis, le Figaro du moment

Etienne Dupuis, le Figaro du moment

Opéra. Avignon.
Etienne Dupuis, Figaro.
Frédéric Bélier-Garcia, mise en scène.
Roberto Fores-Veses, direction.

 

Signée par le talentueux homme de théâtre Frédéric Bélier-Garcia, cette nouvelle production du Barbier de Séville, réalisée en collaboration avec les opéras d’Angers/Nantes et de Massy, a reçu un triomphe amplement mérité à Avignon. Le mérite revient peut-être avant tout au jeune chef valencien Roberto Flores-Veses, récemment nommé à la direction artistique et musicale de l’Orchestre d’Auvergne, qui se confirme comme une des baguettes à suivre, notamment dans ce répertoire où elle fait merveille, par sa capacité à préserver l’incisivité des rythmes et la vivacité des couleurs instrumentales, primordiales ici. Nous mettrons encore à son crédit d’avoir réalisé peu de coupures – même si l’air «Cessa di più resistere», que très peu de ténors peuvent affronter aujourd’hui, a été supprimé –, le respect du style et l’insertion toujours appropriée de nombreuses variations dans la ligne de chant.

Pour sa troisième venue in loco – on se remémore un remarquable Don Giovanni en 2006 –, Bélier-Garcia livre un spectacle intelligent qui s’impose par son efficacité, ses nombreuses trouvailles, son comique jamais vulgaire et une brillante direction d’acteurs. Si les costumes (somptueux, signés Catherine et Sarah Leterrier) sont d’époque, la scénographie de Jacques Gabel est ancrée, elle, dans la seconde moitié du XXe siècle: elle nous invite dans la maison encore en construction (mais habitable) du Docteur Bartolo, logement qui lui sert également de cabinet de consultation. Inénarrable la scène où, pendant son grand air du II «A un dottor», Bartolo déclame sa colère, un tablier de boucher maculé de sang à la taille, en agitant au dessus du nez d’un patient terrorisé, scie, tenailles et autres instruments de torture!

Le jeune ténor français Julien Dran possède un timbre qui, sans être exceptionnel, est plutôt séduisant, l’aigu facile, la voix dans l’ensemble bien conduite…

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Roberto Forés