En concert, hier (et ce soir) à l’opéra de clermont avec le pianiste Barry Douglas

© photo fred marquet

Par Pierre-Olivier Febvret  | 19/01/2018 | Lire l’article complet

L’exil sous toutes ses coutures et ses détresses à travers les musiques d’Ysaÿe, Chopin, Dvorak et Bartok. Mais avec la maîtrise et la mesure de Barry Douglas et de l’Orchestre d’Auvergne, partir est toujours un plaisir.

Entrée crispée en la matière sonore déchirée pour un concert sur le thème l’exil. Celui du Belge Eugène Ysaÿe donc, pour commencer. Fuyant la Grande Guerre, le célèbre violoniste compose des États-Unis un Exil ! explicite. Comme un tourment profond né au cœur d’une nébuleuse de sons et de chromatismes. L’absence de grave dans la partition (et dans l’orchestre) témoigne concrètement de son isolement.

De la mesureChopin s’y connaît aussi en déracinement. Mais sa musique, en l’occurrence son concerto pour piano n°2 sait panser les plaies du départ pour trop bien les décrire et les effacer sous une marée de notes et de sentiments. Marée que le pianiste Irlandais Barry Douglas affronte sans sourciller, jouant de justesse… Sa belle île lui manquerait-elle déjà ? Autant lyrique que virtuose, facile, fluide, il impose sa mesure dans la démesure romantique. Peut alors éclater l’absolue beauté du second mouvement, capable d’attendrir les âmes les plus mélancoliques… qui ne resisteront pas en tout cas au final brillant de cette partition dans laquelle Roberto Forés Veses n’a laissé aucune chance au flottement.

Doux balancement que supporte davantage Les Cyprès de Dvorak, à condition de ne pas sombrer dans la rêverie uniforme. L’Orchestre d’Auvergne s’en préserve en variant les couleurs en fil de cinq extraits.

L’exil refait surface avec Bartok qui aborde ce problème (imposé à lui aussi par la guerre et la folie des hommes) avec son énergie caractéristique issue des chants et des danses populaires. Son Divertimento, composé en 1939, permet au chef et à l’ensem-ble d’exposer le meilleur d’eux-mêmes : un équilibre d’explosivité et d’élégance, de rigueur et de plaisir. Pour un voyage sensationnel.

Pratique. Concert donné à nouveau ce soir, 20 heures, à l’opéra de clermont. Tarifs : 14 € à 30 €.
Tél. 04.73.14.47.47.
www.orchestre-auvergne.fr

Roberto Forés
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